| Après le mistral vient le beau temps |
| J’ai franchi un cap mais au fond de moi, j’suis pas content, non |
| J’suis pas content parce que c’est la même |
| L’ascenseur ne marche pas, ça pue la pisse dans les HLM |
| Le temps passe, j’en ai trop perdu |
| À essayer de courir tout droit dans un chemin tordu |
| Ça sent la CR dans la zone, tout l’monde est tendu |
| Tu passes à défaut, dix ans pleins, tu t’es pas rendu |
| Yo, jeune de tess, j’ai fini taulard |
| Pourtant, j'étais futé et sur les plaques, j'étais incollable (À l’affût) |
| Dans le bloc, ça crache des molards |
| Et ça porte les courses des daronnes qui passent avec le foulard (Salam |
| alaykoum) |
| C’que je rappe, moi je l’ai vécu |
| Le terrain, les problèmes, la mort et la guerre pour les écus |
| Le paquetage arrivera, la brosse à dents, le rouleau d’PQ |
| J’le lisais en cellule, maintenant j’fais des vidéos pour GQ |
| Dis-moi qui peut me dire dans les yeux: «Soso, tu mens «Dis-moi quel blaze j’ai donné un jour à un jugement |
| Dis-moi qui m’a mis la trique aux Baumettes et ses bâtiments |
| Et si j’t’ai fait du mal, c'était pas injustement |
| J’en ai marre, j’vois trouble comme à la grille du mitard |
| J’me rappelle, avec *** on rendait fous les motards |
| Et toutes ces soirées d’ivresse avec *** au bazar |
| Ma première fois à la Jonq', y avait wouh, y avait wouh |
| J’ai besoin de picoler (Oui), j’ai besoin de rigoler (Oui) |
| Parce que j’vais prendre de l’essence et un jour, m’immoler |
| Ma vie, c’est une GS qui ne fait que caler |
| Et j’suis comme l’IGS, j’en ai rien à branler |
| L’impression d'être condamné, plongé dans le trou |
| On veut faire d’la fast money donc on paye le coût |
| Et si tu t’en mets plein le nez, c’est pas le mektoub |
| Donc sois un homme pour Dieu, le remets pas en doute |
| La pure de Madinina, je transforme en Ruinart |
| Notre fin est imminente comme le règne d’Escobar |
| J’ai grandi près des criminels et du bruit des gyrophares |
| Cent K dans du cellophane dans un appart plein d’cafards |
| Et quand vient la noche, on part se capucher |
| J’ai les couilles à Toto et la mentale au Che |
| J’te parle de mon vécu, son passé amoché |
| Quand les civils nous mettaient des crochets |
| Un pétou dans la boca, une potion dans la main droite |
| Posé devant le local, check les clin’s avec les mains moites |
| Et j’viens d’acheter un Toka', jamais servi, dans sa boîte |
| J’monte au pic de l'Étoile shooter p’tites bouteilles de Coca |
| Très peu solidaire et dans le paradoxe |
| Comme niquer sans capote après un concert Solidays |
| J’ai fait le shit, j’ai fait la coke, midi-minuit dans le bloc |
| À v-esqui police bien plus pourrie que dans Training Day |
| Et y a des bac +4 dans le bloc qui vendent la came |
| Quatre-vingt euros le gramme, tiens ton paquet et une paille (Coño) |
| Tu fais de l’argent halal, tu le gaspilles dans l’haram |
| Moi, mon argent haram, je l’investis dans le halal |
| Oui mais c’est impossible, l'être humain est indécis |
| Ça plonge la tête première pour des millions dans l’précipice |
| Ouais, millions dans l’précipice, des biatches dans la piscine |
| Tout miser ici-bas alors qu’on est juste en sursis, hein |
| J’rappe avec humilité mais c’que j’ai, je l’ai mérité |
| Bosser en studio, quarante degrés en plein été |
| Y a plus d’argent dans l’shit, crois-moi, c’est la vérité |
| Y a des patrons de terrain qui sont endettés |
| Tu peux imiter, on connaît la réalité |
| Dans ta parole, y a peu de crédibilité |
| J’suis qu’un homme mais au moins, j’ai mes idées |
| C’est pour ça qu’j’ai refusé la série Validé |
| Dans la zone, très peu sont loyal |
| Plutôt impitoyable, 357 Python et tout devient effroyable |
| Ici, c’est le diable qui a vendu son âme |
| Daronne nettoie le sang de son fils sur le macadam |
| À l'époque, y avait des vrais hommes dans la zone |
| Y avait pas de Glock dans le bloc, tu réglais tes comptes |
| Maintenant, c’est ton pote qui te loge une balle dans la tête |
| Je fais pas la fête, demi-tonne, semi-remorque à sept |
| Ma vie, c’est un polar qui passe pas à la télé |
| Jobeur avec un coquard et deux ou trois côtes fêlées |
| La BAC Nord c’est des bâtards, ils se servent dans les scellés |
| Patron en 1000 RR, Salomon et survête Millet |
| Que des mood malaïka |
| J’rappe pour tous ceux à la rate en fumette sous Jamaica |
| En comico t’as fait la flaque, arrête d’me faire le trafiquant |
| Quarante-quatre le prix des boîtes, j’dis merci au confinement, eh |
| Sacoche sold out, sacoche sold out |
| Midi-minuit dans la street |
| Pour les soldats, pour les soldats |
| Qui laissent pas d’empreintes sur l'étui |
| J’suis cloué au bitume, partir de là |
| Mec c’est trop dur, j’aime trop ma favela |
| Ça s’appelle Font-Vert-Plan et je viens de là |
| Renseigne-toi |
| À la barre, on n’est pas passé à table |
| Et si t’attends l’refrain, tu peux attendre, y en a pas |
| J’vais à la pêche au gros, j’ai mis mes couilles sur l’appât |
| Et si tu cherches des problèmes, y a le pe-pom dan l’appart' |
| Combien j’en ai baffé, combien j’ai gagné de trophées? |
| J’rappe avec le cœur et sur ma vie, j’ai jamais bluffé |
| Combien d’heures au studio le soir, tard en train de taffer? |
| J’ai trop bossé pour ça, me résume pas à Zumba Caféw |