| Quatorze ans, j’faisais la nourrice, argent, me-ar, shit et héro' |
| Quinze ans, bureau d’poste, convertis milliers d’francs, passage à l’euro |
| Jeune mais j’pensais comme un grand, la rue m’va comme un gant |
| Vite compris qu’le vol, c'était pas pour moi, j’me faisais prendre comme un |
| gland |
| Sourire narquois sur les tos-ph', doigt d’honneur et vilaine pose |
| J'étais pas un délinquant mais un bon humain prêt à t’faire d’vilaines choses |
| J’fais du pe-ra d’proximité pour les mecs qui voient loin |
| J’parle argot, mix de français, d’langues d’Afrique, d’noirs, d’arabes et |
| d’rabouins |
| Hein? Sur qui tu veux flexes? C’est qui qu’tu veux testes? |
| J’ai mon équipe, rue Camille Saint Saens, Kiki sur le té-c' |
| Rue François Couperin, c’est la case nègre |
| Client s’gratte les veines, les meufs flippent |
| Disent même de nous qu’on est sales parce qu’on traîne près des bennes, hein |
| Mais on s’en bat les couilles, pour nous, c’est la grande vie |
| La rue, la vraie, on traîne en meute, marche comme des putains d’affranchis |
| Tu fais l’chtof, on t’clemse, on t’shlove devant ta p’tite amie |
| Ces chips savent pas comment on s’est construit comme pyramide d'Égypte |
| Un berger découvre un enfant caché dans un carton, en train de manger la tête |
| d’une charogne. Il semble incapable de s’exprimer de manière compréhensible. |
| Il est rachitique et porte de profondes engelures sur le corps. |
| Yeah |
| Quelques escroqueries, quelques recèles, nourris au seum, au kérosène |
| Élevé pour la chasse comme des p’tits Jack Russell |
| Rapports complexes aux femmes, pourtant, nos daronnes nous ont choyé |
| Premier coup d’queue avec une p’tite fugueuse placée en foyer |
| Ma forteresse fuck la hess depuis l'époque des Bipper |
| J'échange des lettres avec mes potes au hebs, au quartier mineur |
| Recalé d’boîte, on tape des gueules fraîches sur le parking de Lidl |
| Mauvais perdants, on crève les pneus, on raye la gov' du videur |
| Pas d’ceux qui traînent les vieilles sur cinquante mètres pour chourave leur sac |
| J’ai des boloss en Bretagne et d’autres dans le Larzac |
| J’ai jamais parti en couille, j’restais conscient de mes actes |
| J'étais d’jà ailleurs, j’attendais juste de voir s’aligner les astres |
| Té-ma l’ampleur du désastre, que de bourbiers incessants |
| C’négro m’devait des sous, j’lui ai pris son ciel, K-500 |
| Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans trouveraient bien éreintants |
| T’sais pas combien de projets, combien d’sombres poèmes |
| J’vous ai sorti alors qu’j’traversais des tempêtes de problèmes |
| Seul dans ma gov' à bosser mes techniques lyricales |
| J’avais coke et crack dans mon freezer et balance digitale |
| Et plein d’fois, j’ai trébuché mais j’suis jamais tombé |
| J’me moque pas des plus faibles, j’sais qu’aucun homme n’est imbrisable |
| Un peu sauvage, en retrait, p’t-être qu’tu trouves ça bizarre |
| Dis-toi qu’j’ai grandi parmi des loups comme Dina Sanichar (Comme Dina |
| Sanichar), yeah |
| Il mord tous ceux qui l’approchent. (Ouh-ouh) |