| Paris, mardi 2 heures du mat' sous une pleine lune opaque |
| Quand les flaques d’eau se glacent et que rien ne se rate |
| Que la ville est plongée dans son coma démoniaque |
| Que le vent claque |
| Comme pour diluer cette odeur d’ammoniaque |
| Deux gars, deux potes, deux amis |
| Liés par les souffrances de la vie complotent, rêvent |
| Refont le monde à leur manière, |
| Même si le lendemain est loin et qu’ainsi poing contre poing |
| Les pactes de fraternité deviennent certains |
| Ca sera l’intro de cette histoire |
| Rien d’autre à savoir |
| C’est sous ces ruines de rêves qu’ont grandi ces 2 lascars |
| Le grand rebelle, fils aîné d’une famille nombreuse s’appelle: Mam’s |
| L’autre c’est Chine l’oreille percée d’un diams |
| Chino plaît aux femmes, aucun diplôme mais s’enflamme |
| Pour le chrome Mam’s plane |
| Sous les vapeurs de shit dans le crane… |
| Mômes, ils étaient comme 2 frères invincibles |
| Brisant les frontières, défiant la vie comme 2 hommes libres |
| Se protégeant toujours ensembles pour le meilleur et le pire |
| Aujourd’hui c’est aigri sur un banc qu’on les voit s’assombrir |
| Avec les mêmes rengaines |
| Les «on aurait du «» j’ai la haine «Buvant les peines du monde entier dans leur Heineken |
| Baskets usées par la galère, crocos délavés, |
| Propos décalés trop tôt pour se laisser aller |
| Paris, mardi 2 heures du mat' |
| Mam’s et Chino se matent et jurent quoi qu’il arrive |
| De se sortir de ce cul de sac |
| Les jours s’arrachent comme les feuilles d’un calendrier sans relâche |
| Les flashes de sky s’entassent, le cash monte à la tête sans qu’on le sache |
| Chine et Mam’s quoi qu’ils fassent ne pensent qu’au liasses |
| L’idée d’un casse fait surface, l’odeur de la culasse la remplace |
| Le braquage bien fait: 2 cagoules, une arme et une caisse, leur plait bien plus |
| C’est plus risqué, mais v’là le bonus |
| Carte à puce: 2, 3 coups de fil rapide à 3 gus |
| Le flingue est vite acheté, un pote de mam’s connaît les astuces |
| La tension monte, Chino et Mam’s ne parlent plus que de ca, |
| La peur s’estompe, tenir une arme à la main ça compte |
| Mam’s s’emballe. Chine trouve même qu’il pète un câble |
| Le diable l’a pris au corps et tout s’ensable |
| Ils font le repérage, visionnent bien les parages |
| Chine fera le guet dans la caisse, Mam’s fera le braquage |
| «Question d’age», dit il la sueur au front, le visage qui mouille |
| Chino ne peut plus reculer et sent le partage en couille ! |
| Arrive le jour J, Mam’s et Chino sont prêts ce coup ci, |
| «On se couvre si, rapplique la flicaille Tu sors ton UZI». |
| J’raccourcis, «tu vois qu’je suis pris, tu traces, tu m’oublies», |
| C’est tout dit |
| «Enfile ta cagoule, on y va» |
| Il rentre dans la banque, |
| Coup de boule au premier vigil, tous à plat ventre |
| Le deuxième tente de bouger, coup de crosse sur la tempe |
| D’une main sanglante, Mam’s menace tout le personnel on tremble |
| «Ouvrez les coffres et sortez tout. .» |
| Les billets dans son sac s’assemblent |
| Chine se fait prendre, dehors c’est plein de keufs prêts à le descendre |
| Mam’s n’entend rien et continue son show sans rien comprendre |
| Il tire dans l’angle, bousille la camera qu’il enjambe |
| Rien ne manque, il lève l’ancre, Chino doit l’attendre |
| Il sort de la banque, où est passé Chino où est ce qu’il se planque |
| Merde, c’est plein de coudés, ça défouraille en plein centre |
| Il prend la caisse, accélère, défonce le barrage, |
| Tant pis pour son partenaire |
| Devant c’est des rafales de balles, la guerre |
| Mam’s tire à tout va, clamse sur le sol 3 flics |
| Mam’s touché au bras, lâche son flingue et prend fuite |
| Son sac craque et tous les billets verts s’envolent dans l’air |
| Le grand Mam’s sourit pour la dernière fois sur cette terre |
| Il fixe étrangement le ciel |
| Quand la mort le fauche par derrière |