| Vert, jaune, rouge |
| Bleu, blanc, rouge |
| Double S, RCFA |
| Certaines couleurs sont prospères |
| D’autres évoquent la misère |
| Couleurs et proses vont de paire |
| Et notre fresque est morose |
| Certaines couleurs sont pacifiques |
| D’autres évoquent la guerre |
| Elles sont unies dans le l’arc-en-ciel |
| Et désunies sur terre |
| Baskets blanches, jean brut |
| Tu connais mes couleurs |
| Mes airs moroses, mes colères et mon humour noir |
| Cramé, en moi ils voient le crime et la fraude |
| Obscur est l’avenir, ma rime est dark, ma prose émeraude |
| J’excèle trop au fond du soleil, du pétrole et le caramel |
| Carré, aussi vrai, fidèle comme une ombre et toujours sombre |
| Rap, teinte urbain, cette grisaille donne des ailes |
| J’nique là le SIDA (altonien) |
| Moi, j’ai la dalle Tony |
| Et si dans mon bleu on kiff Adolf |
| Ravive le four et le feu |
| Numéro s’vexe vert et reste noir dans l'âme |
| Dans nos bleds, les hommes en vert adorent le rouge |
| Chocolat, beurre, pas de gâteau sur le tracé de… |
| Moi je suis né noir, comme mon humour |
| Même célèbre ils disent black |
| Et dans ce putain de monde ils m’appellent homme de couleur |
| Souvent le bleu fonce dans le blanc s’il voit rouge |
| C’est rien, c’est aryen, ça rappelle les raids aériens |
| Certaines couleurs sont prospères |
| D’autres évoquent la misère |
| Couleurs et proses vont de paire |
| Et notre fresque est morose |
| Certaines couleurs sont pacifiques |
| D’autres évoquent la guerre |
| Elles sont unies dans le l’arc-en-ciel |
| Et désunies sur terre |
| Tête en l’air j’agis, les yeux dans un nuage gris |
| Pendant qu’en ban’s crève tous la dalle |
| Un bleu blanc veut du rouge |
| Sur un noir triste histoire |
| On dit de ma peau: sombre aux couleurs de deuil |
| Il paraît que ça cause en haut, dans la banlieue |
| Pars en couille, montrant balles dans le blanc de l’oeil |
| Sinon on se crève tous et comme un con ma ligne verte |
| Marron comme les nèg', je fais le bilan |
| La France héberge noirs, rouges, jaunes |
| Et ne cesse de s’en plaindre, bon sang |
| Ma vie rose vire au vinaigre |
| Vert, jaune, rouge pire vie de nègre |
| RCFA la crème des crèmes |
| Dans le rap, j'écrase les têtes de nègres |
| Ma fable rime en 1000 couleurs |
| Quand j’arrive, je mets les coups là |
| En vers, en proses, on place uns ACE dans le goulag |
| Une vie de pute aux couleurs encres |
| Tristes comme la nuit ou le jour |
| Où je n’arrive pas à faire couler l’encre |
| Certaines couleurs sont prospères |
| D’autres évoquent la misère |
| Couleurs et proses vont de paire |
| Et notre fresque est morose |
| Certaines couleurs sont pacifiques |
| D’autres évoquent la guerre |
| Elles sont unies dans le l’arc-en-ciel |
| Et désunies sur terre |
| Moi, si j'étais invisible, il n’y aurait pas de racisme |
| Si j'étais invisible, je te donnerais des putains de couleurs |
| Feu vert pour la ZEB, les billets et Bizet pour y voir clair |
| Jaune pour le soleil, le roro pour les dents et ta face |
| Feu rouge cardinal auquel je ne crois plus pour nos sages perdus |
| Vert, jaune, rouge pour Jah Afrique |
| Le message perdure, l’histoire colorée le seul du bled |
| Les ethnies, les teintes se tapent comme Crips et Bloods |
| Eh, l’arc-en-ciel, le cœur criblé le blues |
| Pense à tout ce béton dans les filets du grand bleu |
| Que tu sois blanc ou nègre, le sang est rouge |
| Et là où je crèche est la pub de Benetton |
| Bénis sois les miens ceux pour qui je bouge et vice versa |
| L’univers sens penche vers ça |
| Vert comme terre, bleu comme peur, ça donne pervers |
| Donc blancs, blacks, beurres vont vers où |
| Dans ces putains de jeux de couleurs |
| Certaines couleurs sont prospères |
| D’autres évoquent la misère |
| Couleurs et proses vont de paire |
| Et notre fresque est morose |
| Certaines couleurs sont pacifiques |
| D’autres évoquent la guerre |
| Elles sont unies dans le l’arc-en-ciel |
| Et désunies sur terre |