| Me demande pas pourquoi j’ai faim, j’ai grandi dans les trains, |
| A galérer pour enfin sortir de l'écrin. |
| Me demande pas pourquoi je crâne, |
| De ceux qui craignent, moi j’veux être de ceux qui graillent grave |
| De ceux qui prennent. |
| J’connais pas de mômes qui n’veulent pas peser jusqu'à l’obésité, |
| On en voulait tous, on a trop hésité, |
| Maintenant on veut tout, quitte à être très cités, |
| J’veux du pétrole alors qu’j'écris à l'électricité. |
| Les temps changent, la femme aussi mec, |
| C’est pour ça que même les demoiselles ont un langage aussi laid. |
| La rue déteint sur nous comme sur les gentes dames. |
| Hier encore j’ai vu une femme insulter les gendarmes. |
| J’vis dans l’air du temps, j’veux qu’mon art déteigne, |
| Vous atteigne quitte à en perdre du temps. |
| Jeunesse à la vingtaine et trop de repères dans le péché. |
| On croit tous qu'à la trentaine, on s’ra tous bon pour prêcher. |
| On nous vend du rêve en petits sachets, |
| 15−20 ans ma génération où être petit c’est cher. |
| On veut trop prouver nos compétences, |
| Moi j’veux qu’mes couplets dansent, |
| Quand d’autres parlent en complotant ! |
| Me demande pas pourquoi j’ai mal. |
| A trop pleurer en silence, j’ai fait d’mes peines un idéal. |
| J’suis toute petite et on m’demande de faire la grande. |
| Rendez-moi ma jeunesse car je risque de n’pas apprendre. |
| Trop de gosses perdus pour si peu d’exemples donc |
| Trop d’argent pousse mes frères à se descendre et |
| Trop de mes soeurs ne savent même plus qui elles sont donc |
| Trop c’est trop c’est trop c’est trop c’est |
| Trop de pleurs, de cris, de sang, de haine |
| Trop de lascars qui pour des filles se saignent et |
| Trop visent la place du roi pour si peu de règne |
| Trop c’est trop c’est trop c’est trop |
| Génération 80, on a grandi sans trop d’exemple, |
| Obligés de prouver, de pleurer en silence, |
| De faire savoir qu’on est «al «quoi ! |
| Me demande pas pourquoi j’lutte, |
| Ca réconforte les mc de s’dire que diamant est une pute. |
| Ils veulent salir mon nom car il fait de l’ombre, |
| Salir mon monde et faire pâlir mes mômes. |
| Me demande pas pourquoi j’pleure tant le soir c’est qu’j’avais peur dans |
| l’square. |
| A 4 ans la déchirure, à 10 ans le mal de vivre, |
| 15 ans et l’idée d’me jeter dans le vide |
| 17 ans les coups, la haine d’un homme sur mon corps d’enfant |
| Et toutes mes peines dans mon album… |
| Et si des fois t’as l’impression qu’j’pleure en chantant, |
| C’est qu’j'écris avec mes larmes donc mon malheur s’entend. |
| C’est pour les 15−20 ans, élevés aux cris, peines, «fils va t’en «. |
| J’ai mal de voir la haine dans les yeux de nos gosses, |
| Mal de voir ma mère au service de son boss, |
| J’ai mal, mais je l’aime ma vie de mioche même, |
| Si le mal m’a poussé à trouver la lumière à coups de pioche, |
| Même si j’ai du mal à oublier mon mal de vivre, |
| Seule dans une salle vide à l’inconnu je me livre. |
| Voici donc un bout de vie de la fille aux 4 mains 1980. |
| Trop de couples qui se déchirent devant les gosses donc |
| Trop de 15−20 ans demanderont le divorce ouais |
| Trop veulent s’en sortir sans en avoir la force donc |
| Trop c’est trop c’est trop c’est trop c’est |
| Trop de mères qui pleurent leurs fils incarcérés |
| Trop de filles violées donc trop de «pédos» à serrer |
| Trop d’animosité pour si peu d’amour |
| Trop c’est trop c’est trop c’est trop c’est trop |
| Génération 80, aujourd’hui j’ai la vingtaine, |
| Une fille cruelle à vie je suis, entre barres de rires et peines |
| Entre potes partis trop vite je grandis. |
| J’essaie de me faire un nom tandis qu’on m’fait de l’ombre. |
| J’essaie d’faire de l’oseille avec c’que j’ai de cher dans c’monde. |
| Ma musique est faite pour tous c’est pour ça qu’elle est réfléchie. |
| J’m’attends à tout, même à être reniée si ça marche, |
| Mais au moins j’l’aurai fait: 1980, j’l’aurai fait… |